« La facture est en cours de traitement. » « Nous faisons le nécessaire. » « Elle devrait être réglée prochainement. »
Ces réponses donnent parfois le sentiment que le dossier avance. Mais elles ne permettent pas de savoir où se trouve réellement la facture, ce qui empêche sa mise en paiement, qui doit intervenir ni à quelle date le règlement sera effectué.

Une facture ne reste jamais bloquée sans raison. Cette raison est cependant souvent mal identifiée, mal formulée ou connue d’un interlocuteur qui n’a pas le pouvoir de la résoudre.
Relancer efficacement ne consiste donc pas uniquement à demander quand le client va payer. Il faut d’abord déterminer précisément pourquoi le paiement n’a pas encore été effectué.
Voici les 15 questions à poser pour transformer une réponse vague en plan d’action concret.


#1. La facture a-t-elle bien été reçue ?

  • une confirmation de réception ;
  • la date de réception ;
  • la référence attribuée par le client ;
  • le système ou la plateforme dans lequel elle apparaît.

Transmettez-la à nouveau par le canal approprié et fixez immédiatement une date de contrôle. Une facture renvoyée sans contrôle peut rester bloquée exactement de la même manière.


#2 : La facture a-t-elle été intégrée dans le système comptable ?

  • la confirmation de l’intégration ;
  • une référence comptable ;
  • la date de comptabilisation ;
  • le statut actuel de la facture.

Identifiez la personne chargée de l’intégration et le délai nécessaire. Une facture présente dans une boîte générique n’est pas encore engagée dans le processus de paiement.


#3. La facture est-elle adressée à la bonne entité juridique ?

  • la raison sociale exacte du débiteur ;
  • son numéro SIREN ;
  • l’adresse de facturation ;
  • l’entité ayant effectivement passé la commande.

Vérifiez le contrat, la commande et l’identité du cocontractant. Ne modifiez pas la facture sur la base d’une simple demande orale.


#4. Le numéro de commande est-il présent et correct ?

  • le numéro attendu ;
  • sa validité ;
  • le montant encore disponible ;
  • le nom de la personne capable de le corriger.

Sollicitez le donneur d’ordre, le commercial ou le service achats. La comptabilité fournisseurs ne peut généralement pas créer ou corriger seule la commande.


#5. Existe-t-il un écart entre la commande et la facture ?

  • la nature exacte de l’écart ;
  • son montant ;
  • les lignes concernées ;
  • la personne qui doit arbitrer.

Demandez si la partie non contestée peut être réglée immédiatement. Un écart limité ne doit pas bloquer silencieusement la totalité de la facture.


#6. La prestation ou la livraison a-t-elle été validée ?

  • le nom du valideur ;
  • le statut de la validation ;
  • l’action encore attendue ;
  • la date prévue.

Contactez le valideur ou mobilisez votre interlocuteur commercial. Demandez une date ferme d’enregistrement de la validation.


#7. Un justificatif manque-t-il au dossier ?

  • la liste exacte des pièces ;
  • leur format ;
  • leur destinataire ;
  • la confirmation que le dossier sera ensuite complet.

Transmettez les documents au bon interlocuteur et obtenez une confirmation écrite indiquant que plus aucune pièce ne manque.

Identifiez les blocages avant de multiplier les relances

#8. La facture a-t-elle été rejetée ou refusée ?

  • la date du rejet ou du refus ;
  • son motif exact ;
  • la personne ayant pris la décision ;
  • l’action nécessaire.

Traitez immédiatement les rejets techniques. Pour un refus commercial, ouvrez un dossier de litige avec un responsable et une échéance de décision.


#9. Existe-t-il un litige commercial ou opérationnel ?

  • le motif détaillé ;
  • le montant contesté et le montant non contesté ;
  • le décideur ;
  • la date limite de résolution.

Créez un plan de résolution. Un dossier qualifié de litige sans responsable ni échéance est une facture que l’on a cessé de traiter.


#10. Un avoir est-il attendu ?

  • le motif et le montant de l’avoir ;
  • la facture concernée ;
  • la personne devant le valider ;
  • la somme restant payable.

Émettez rapidement l’avoir lorsqu’il est justifié. Dans le cas contraire, formalisez votre désaccord et réclamez le règlement du montant non contesté.


#11. Qui détient actuellement l’action ?

  • son nom et sa fonction ;
  • ses coordonnées ;
  • l’action attendue ;
  • la date prévue.

Adressez la prochaine relance à la personne qui détient réellement l’action. Un service ne prend pas d’engagement. Une personne, oui.


#12. Quelle est la prochaine action nécessaire ?

  • une action clairement formulée ;
  • un responsable ;
  • une échéance ;
  • le résultat attendu.

Reformulez l’engagement par écrit après l’échange et programmez votre contrôle à la date convenue.


#13. À quelle date cette action sera-t-elle réalisée ?

  • une date précise ;
  • un engagement vérifiable ;
  • la date de contrôle suivante.

Relancez dès le premier jour suivant la date convenue si l’action n’a pas été réalisée.


#14. Dans quel cycle de paiement la facture sera-t-elle intégrée ?

  • la date du prochain cycle ;
  • la date limite de validation ;
  • la confirmation du rattachement ;
  • la date estimée de réception du règlement.

Contrôlez la mise en paiement avant la clôture du cycle. Attendre la date annoncée pour découvrir un report fait perdre plusieurs semaines.


#15. Pouvez-vous confirmer la date et le montant du paiement ?

  • le montant ;
  • la date de mise en paiement ;
  • le mode de règlement ;
  • la référence du virement lorsqu’elle est disponible.

Suivez l’engagement jusqu’à l’encaissement bancaire. Une promesse de paiement ne doit jamais être confondue avec du cash encaissé.


La grille de diagnostic à utiliser pendant chaque relance

Information à obtenirRéponse attendue
Réception de la factureOui ou non, avec date et référence
Statut comptableIntégrée, rejetée, refusée ou en attente
Cause du blocageMotif précis et vérifiable
Montant concernéTotal ou partie de la facture
ResponsableNom, fonction et coordonnées
Prochaine actionAction concrète et date de réalisation
Cycle de paiementDate de la prochaine campagne
Engagement de règlementMontant et date
Prochain contrôleDate de la relance suivante

Cette grille évite qu’une facture soit relancée plusieurs fois sans que la connaissance du dossier ne progresse.


Les réponses qui doivent vous alerter

  • « Nous faisons le nécessaire. »
  • « La facture est en cours. »
  • « Je vais voir avec le service concerné. »
  • « Le paiement devrait partir prochainement. »
  • « Le dossier est chez un collègue. »
  • « Nous reviendrons vers vous. »

Ces réponses ne sont pas forcément de mauvaise foi. Elles restent insuffisantes tant qu’elles ne sont pas complétées par un responsable, une action, une date, un montant et une confirmation.


Quand faut-il escalader une facture bloquée ?

Elle peut suivre plusieurs niveaux : comptabilité fournisseurs, donneur d’ordre, achats, responsable financier, direction financière puis direction générale selon le montant et la situation.

L’objectif n’est pas d’augmenter brutalement la pression. Il est de faire intervenir une personne disposant du pouvoir de décision nécessaire.


Passez de la relance au déblocage